Compte-rendu atelier #7 – écrire un dialogue

Compte-rendu atelier #7 – écrire un dialogue

Bonjour chères plumes,

Le thème de ce septième atelier était : écrire de bons dialogues.
C’est-à-dire, des dialogues pertinents, naturels et efficaces.

Les trois fonctions du dialogue

Pour écrire un bon dialogue, il est important d’avoir en tête les trois fonctions du dialogues :

Règle numéro 1 : pas de bavardages.
À moins que vous désiriez caractériser un personnage particulièrement ennuyeux qui ne peut pas s’empêcher de jacqueter (!), évitez les communications inutiles comme on pourrait en avoir dans la vie réelle. Votre fiction n’est pas la vie réelle. Contrairement à ce que je vous ai dit lors de l’atelier sur la crédibilité d’une histoire, certains éléments « qui font vrai » n’apporteront pas plus de véracité à votre histoire, et vont au contraire l’alourdir. Typiquement, les dialogues qu’on peut appeler « de pluie et de beau temps », ceux qui ne racontent rien, ceux que nous-mêmes pratiquons et entendons tous les jours et qui servent à être polis, ou à meubler une discussion traînante. Il faut éviter les dialogues inutiles, qui n’apportent rien à la progression du récit, qui n’apprennent rien au lecteur ou aux personnages. La conversation doit paraître fluide et naturelle, mais l’auteur aura sélectionné en amont un certain nombre de paroles, pour que ça ait l’air naturel sans que ça ressemble à une conversation ennuyeuse.

Règle numéro 2 : le dialogue permet de caractériser les personnages.
Les dialogues, et donc la façon de parler de vos personnages, en disent beaucoup sur leur passé, leur situation sociale et leur façon de penser. D’un personnage de fiction à l’autre, le vocabulaire, le ton, la voix ne peuvent pas se ressembler. Quelques phrases échangées avec un interlocuteur peuvent suffire à donner corps et voix à votre personnage principal. Dans l’idéal, on doit pouvoir reconnaître immédiatement un personnage sans qu’il soit nommé. Juste parce que son vocabulaire, la teneur de son discours, son ton, son rythme correspondent parfaitement à qui il est, à ce qu’il dégage.
Les émotions : le dialogue peut être une bonne alternative pour donner à voir les émotions du personnage, sans les nommer. La façon de parler d’un personnage peut refléter son état émotionnel : un personnage rationnel, qui garde la tête froide, aura tendance à faire de longues phrases construites, au vocabulaire choisi avec soin, tandis qu’un personnage bouleversé, débordé par une émotion, fera des phrases très courtes, aura un discours rythmé, une syntaxe simplifiée, utilisera moult points d’exclamation…

Règle numéro 3 : dans un roman, le dialogue peut servir à faire avancer l’intrigue.
Il doit servir soit à exposer des faits, soit à lancer un problème, ou alors à le résoudre, soit à faire évoluer le personnage. Grâce au dialogue, il doit y avoir une évolution, visible : évolution dans la relation entre deux personnages, évolution de l’intrigue, révélations, échanges d’informations importantes… Avant de l’écrire, posez-vous la question : quel est l’enjeu de votre dialogue ? S’il n’en a pas, il est inutile, et vous pouvez le supprimer, voire supprimer la scène entière !

Astuces, techniques à connaître / erreurs à éviter

Mise en scène : Pour savoir si votre dialogue est réaliste et dynamique, mettez-le en scène. Lisez-le à haute voix. Jouez les personnages, comme au théâtre.
Un dialogue, c’est une conversation entre deux ou plusieurs personnes. Pour trouver le ton qui sonne juste, rien de tel que de jouer les dialogues que vous venez d’écrire, comme si vous étiez au théâtre.

Les incises : Ce sont les verbes qui donnent les indications du dialogue. Par exemple : dit-il, demanda-t-elle, fit-il, répondit-elle, s’exclamèrent-elles, etc… De manière générale, utilisez les incises avec parcimonie. Trop de répétitions ou de précisions peuvent être ennuyeuses pour votre lecteur, en même temps qu’elles cassent le rythme. Et évitez de répéter ce que les actions ou les descriptions ont déjà montré : faites un choix, c’est l’un ou l’autre. Trouvez un juste milieu. L’action peut-être révélée directement par les propos du personnage, par la ponctuation, ou par une incursion narrative.
Ex : Gertrude déglutit lentement, puis elle frappa du poing sur la table :
– Jamais ! Moi, vivante ? Jamais !
Inutile de préciser : « s’exclama-t-elle » ou autre. On nous a déjà indiqué qu’elle frappait la table du poing, et les points d’exclamation nous indiquent la colère, ou la stupeur, ou les cris.

La ponctuation : D’ailleurs, la ponctuation peur remplacer les incises. Plutôt que de préciser « s’exclama-t-elle », mettez un point d’exclamation, il fera le job aussi efficacement. Pour exprimer le doute, plutôt que d’écrire « hésita-t-il », pensez aux points de suspension. La ponctuation est très utile dans les dialogues.

Langage familier : Le dialogue au discours direct, c’est quand le personnage prend la parole et parle en utilisant « je ».
Le langage peut alors être moins rigoureux que pour la narration. D’ailleurs, vous avez le droit d’utiliser un langage familier ou même argotique si vous le souhaitez.

Répétition des prénoms : Faites attention à ne pas répéter le nom des personnages plusieurs fois dans une conversation, car même si dans la vraie vie on peut avoir tendance à le faire, dans votre roman cela ne fera pas naturel. Le lecteur comprendra très bien que c’est à son attention.
On peut nommer quand un personnage arrive ou si quelqu’un l’interpelle parce qu’il ne lui parlait pas encore ou n’était pas à côté. Mais c’est ridicule si des personnes discutent depuis un bon moment.

Langage non-verbal : Un dialogue, ce n’est pas seulement une scène dans laquelle deux personnages se parlent, c’est plus que ça. N’oubliez pas d’utiliser le langage non-verbal : il lève les sourcils, elle évite de le regarder en face quand elle répond, elle met quelques secondes de trop pour répondre, son visage se crispe, il joue avec les miettes sur la table pendant qu’il parle, … ce sont autant de petits signes qui ont lieu PENDANT le dialogue, mais qui tout en étant muets parlent pour le personnage.
N’hésitez jamais à intégrer du MOUVEMENT dans le dialogue, les personnages se déplacent, ils réagissent physiquement, se lèvent, leurs mains parlent le langage corporel et expriment des émotions, etc…

Guillemets ou tirets ? Aujourd’hui, pour écrire un dialogue au style direct, on utilise communément le tiret, et de moins en moins les guillemets (plutôt réservées aujourd’hui aux citations).

Pour conclure, gardez toujours en tête que les dialogues doivent présenter un intérêt :

soit pour donner des informations sur l’intrigue

soit pour caractériser les personnages

soit pour rendre le récit plus vivant

Et n’oubliez pas de vous demander, en amont : quel est l’enjeu de ce dialogue ?

À présent vous êtes capables de créer des personnages et de les faire s’exprimer, avec des voix bien distinctes. On se retrouve sur le forum pour découvrir les différentes propositions d’écriture de cet atelier numéro 7 !

Les sites qui m’ont aidée à préparer cet atelier :



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