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Vos écrits hors de l'atelier

Bonjour à toutes et tous,

Comme évoqué lors de l'atelier n°3, voici un topic de vos écrits hors atelier, qui devrait vous permettre de poster ici les textes que vous souhaitez partager avec le groupe mais qui n'ont pas été rédigés dans le cadre des ateliers.
Une nouvelle, un incipit, ou même simplement des idées d'histoires que vous ne parvenez pas à mettre en forme... vous pouvez tout poster ici, demander de l'aide, un regard, une correction, une relecture. Notre groupe peut devenir "l'endroit" idéal pour échanger sur nos propres travaux d'écriture.

J'espère que vous oserez sauter le pas, et si ce n'est pas tout de suite, revenez sur ce topic dans les mois qui viennent, cela importe peu.

Ne soyez pas timides, nous serons à coup sûr ravis de vous lire !

Bonjour !

Comme je vous le proposais sur le blog, dans l'article "un lieu à soi - proposition d'écriture", j'avais envie de vous faire réflechir à votre bureau idéal, à votre antre d'écrivain, à l'endroit où votre créativité pourrait se libérer...

Les textes peuvent être de la forme que vous voulez, nouvelle ou poème, conte mettant en scène un écrivain, ou autobiographie imaginaire, description ou action, dialogue ou narration pure. Vous pouvez favoriser une forme très travaillée ou un enchainement d'idées jetées comme elles viennent, vous pouvez inventer des personnages qui prennent corps dans ce lieu idéal, ou vous représenter vous, en JE ou en IL/ELLE.
Tout est possible.
Le seul objectif est de prendre du plaisir à écrire, et à partager. Et aussi, à recevoir les textes des autres, les découvrir avec curiosité et intérêt, s'amuser des ressemblances et des différences, se nourrir de nos altérités.

Postez vos productions ici, vendredi 15 janvier si vous le pouvez, ou avant si vous préférez. Nous ne sommes pas rigides sur les consignes 😉

Dans l'attente de vous lire (et de poster mon texte !)

À bientôt.

Sophie

Absente les 48h prochains je poste en avance et peut être pas au bon endroit le texte que j'ai écrit cette semaine.
Brigitte

"Le repaire de Jeanne

Prendre dans les cafés de Paris toute la vie du dehors et y écouter le récit de l’existence des autres. Puis pour un temps d’action calme, de repos créateur, trouver le lieu de son écriture. Un « lieu à soi » qui soit tout à la fois, une caverne, une chapelle, une cabane de survie, une librairie, un cabinet de travail, une chambre à coucher, une cachette sans aucun doute.
Un royaume qui invite au voyage pour vérifier ses rêves.
La vieille traction roule toute la nuit pour s’arrêter au petit matin face à la mer. Jeanne a dormi et s’éveille au pied de « sa tour ». La porte est lourde, elle grince puis claque avec fracas, l’escalier est vertigineux et là-haut toute la lumière. L’endroit peut paraitre austère. Dans la grande salle ronde à dix mètres de la terre, le regard se perd. Des livres bien rangés sur des tablettes adossées dans le ceux du mur. « Détrompez-vous », cet ordre n’est qu’apparent ! Un fauteuil de vieux cuir, un lit, des établis chargés de boîtes, des pyramides de cahiers, des gommes à l’abandon, des journaux à peine lus. Sur les tables cigognes des carnets noirs de toute taille et des pots de grès d’où émergent des crayons de bois : des longs fins ou épais, d’autres pas plus haut que le pouce. A l’extrémité gauche d’une longue table sur le plateau de bois blanc la cafetière, le verre d’eau et quelques biscuits. Au centre une large corbeille de fruits accueille pommes, poires, grenades, kiwis, mangues et oranges, bouquet de couleurs à ce repaire de pierre. Des châles jetés sur les sièges invitent à des espaces de somnolence. Un marchepied, une échelle dans l’étroit couloir grimpe aux plus hautes rangées de bouquins. Souvenir d’un refuge de la Cappadoce, au sol des tapis étirent leurs couleurs fanées. Jeanne s’y allonge et cherche dans les poutres du plafond l’inspiration.
La nuit va tomber, les amarres sont larguées. Par la fenêtre entrouverte, l’air pénètre, emmêle les cheveux et défait les paroles. Un sourire s’envole face à ce vent qui se raconte des histoires pour n’être pas trop seul.
Dans un coin de cet asile, tout se joue sur la toute petite table rehaussée de sabots par grand-père Joseph, le comptoir a grandi avec l’enfant. Sur le cuir élimé de l’aplat les carnets noirs vont se vider. Sur le papier épais, le crayon glisse et trace, mots après mots, lignes après lignes, les courbes de sa vie souterraine.
Jeanne écrit avec la nuit auprès d’elle, au sommet de ce phare qui l’éclaire pour creuser son sillon."

Brigitte

Waouh waouh Brigitte, quel texte ! C'est magnifique. Tu as l'art de nous emporter avec toi, enfin, avec tes personnages. C'est impressionnant.

C'est amusant car j'ai écrit mon texte ce soir et il y a des similitudes avec le tien, tu verras (au niveau des détails du récit, uniquement, parce que narrativement parlant, je n'ai pas ton style ! Et puis j'ai tendance à être bien trop bavarde quand j'écris...)

En tous cas, je te le dis en toute franchise, je suis impressionnée par ta proposition, et sous le charme. J'ai très envie de lire une suite...

Sophie

 

 

Bonsoir tout le monde,

comme Brigitte, je ne vais pas être très disponible demain et après-demain (retour de congé parental, je reprends le travail vendredi !) alors je poste mon texte ce soir. Ou peut-être est-ce que c'est parce que je suis pressée de m'en débarrasser et qu'une fois publié il ne pourra plus êtr e modifié... ? Sinon, on n'en a jamais fini... D'autant plus que je l'ai fait lire à mon mari, qui n'a pas été convaincu DU TOUT. Ah ah. Puis, nous en avons discuté et son retour a été très intéressant, car, sans le savoir, il a mis le doigt sur une des problématique que nous aborderons samedi.

J'ai hâte de lire les autres textes et de me téléporter, en mots et pensées, dans vos différents antres d'écriture.

PS : Je m'excuse par avance pour la longueur de mon texte, mais je n'avais pas envie de me restreindre - d'autant plus que la consigne ne précisait pas la longueur attendue, n'est-ce pas ?... ^-^

PPS : je me précipite, sans me relire, il y a probablement des fautes d'orthographe, n'hésitez pas à les signaler si vous en repérez !

 

Pour se rendre là-bas, il fallait louer une voiture à Dublin puis traverser l'île d'est en ouest, larges routes de bitume qui devenaient, à mesure que l'on approchait de la côte, des chemins cahotants.

Une fois que l'on pénétrait dans la région du Connemara, il suffisait de suivre les panneaux qui indiquaient Galway. Le cottage se trouvait à quelques kilomètres de la petite ville nichée dans la baie.

La première fois que je m'y étais rendu, je m'étais perdu dans la multitude d'intersections. Elle m'avait dit : « Juste avant Galway, bifurque à droite, longe le port, puis passe les deux croisements en prenant toujours tout droit. À la troisième bifurcation, tu apercevras un cairn recouvert de mousse, il faudra tourner à gauche, vers les bois. La maison se trouve juste derrière les collines ». Ça m'avait paru facile.

J'avais été obligé de couper le moteur, au milieu de la route, incapable de savoir où j'étais et comment j'étais arrivé là. C'était là qu'un gars du coin qui passait en 4x4 s'était arrêté à ma hauteur pour me proposer son aide.

Elle m'avait prévenu : les gens d'ici sont très gentils, toujours prêts à rendre service.

Je lui avais donné le nom du cottage et il m'avait escorté jusqu'à la petite maison de pierres grises. Il y avait peu d'habitations dans le coin, tout le monde se connaissait, m'avait-il expliqué avant de rebrousser chemin, me laissant reconnaissant et pantois, peu habitué à ce genre d'égards, moi qui vivais à Paris et dont le quotidien se résumait à des bousculades dans le métro et des pas pressés le long de trottoirs bondés et malodorants.

Maintenant, je ne me perds plus. J'ai même mes petites habitudes lorsque je me rends dans le Connemara : avant de m'enfoncer dans la vallée et ses montagnes vert olive, j'aime m'arrêter quelques heures à Galway. J'y fais provision de poisson fumé et de bières locales avant de reprendre la route. Désormais, la seule difficulté, ce sont les vitesses automatiques de la voiture de location, et, surtout, la conduite à droite. Je ne m'y ferai jamais.

La première fois que je l'avais retrouvée dans cet endroit, alors qu'elle m'attendait devant la petite maison toute bâtie de vieilles pierres grises mangées par le lierre, alors qu'elle se tenait, enveloppée dans un gros pull de laine, sur l'unique et large marche du perron, alors qu'elle me regardait approcher en souriant et ouvrant déjà les bras pour me serrer contre elle, je n'avais pas pu m'empêcher de m'écrier : « Mais qu'est-ce que tu es venue faire dans ce trou ? ».

Elle m'avait entrainée à sa suite à l'intérieur du cottage, et j'avais compris. La réponse était là.

Au rez-de-chaussée, une cuisine ouvrait sur un grand séjour bardé de fenêtres à petits carreaux, derrière lesquelles on apercevait la végétation luxuriante du jardin, et au-delà, les bruns dorés de la tourbe, les collines moutonnantes, les reflets ardoises des immenses flaques qui constellaient les chemins. Sur le mur principal, une gigantesque cheminée prenait toute la place – on aurait pu y faire rôtir un bœuf entier. De part et d'autre de son manteau, des pans de bûches s'élevaient jusqu'au plafond. Un formidable feu me fit aussitôt oublier le crachin et les heures passées à rouler au rythme des battements des essuie-glaces.

À l'étage, nous passâmes devant trois chambres douillettes dotées de lits très hauts aux couvertures rebondies, des lits dodus, des chambres qui disaient le calme et les nuits longues, silencieuses, étoilées. J'eus subitement envie d'une sieste, la route m'avait épuisé. Elle m'avait dit : « D'abord, nous allons nous asseoir devant la cheminée, boire de la Guiness pour trinquer à ton arrivée, puis je te servirai du hareng, c'est un voisin qui le fume, il est exquis. Après cela, alors, tu iras te coucher. Et tu dormiras d'un sommeil exceptionnel, le meilleur de ton existence. Tu verras. » Je n'avais pas contesté, je la connaissais bien, elle et son tempérament tenace. J'ai continué la visite, sur ses talons.

La quatrième pièce se trouvait en face des chambres, c'était un bureau.

Une très large fenêtre baignait l'endroit d'une lumière douce, que les feuillages du jardin caressaient au gré du vent et faisaient danser sur les lames blondes du parquet. Face à elle, on avait installé une dalle de pin sur des tréteaux, un bureau de fortune qui jurait avec le reste du mobilier. « Aucun bureau n'était assez grand » m'expliqua-t-elle. J'avisai la montagne de carnets et de blocs de feuilles, la multitude de pots à crayons, et les panières à courrier qui semblaient jouer à saute-mouton. Nombreux mais rangés. Tout était parfaitement ordonné, aligné, classé, et témoignait du mélange de rigueur et de joyeux bordel que je lui avais toujours connue. Une bohème méticuleuse et organisée. Une intransigeante foutraque.

Derrière le bureau s'élevaient des bibliothèques aux étagères saturées de tranches en carton, multicolores, des livres de tous âges, de toutes sortes, ses trésors, ses ancêtres, sa lignée de papier. Il y avait enfin un fauteuil crapaud, en velours bleu, et son repose-pied assorti, juste devant une seconde cheminée, plus petite, plus intime. Je l'imaginais assise là, le soir, bouquinant à la lueur des flammes en écoutant de la musique. Ou tôt le matin, après son jogging, les joues rosies par le froid et l'effort, les cheveux encore mouillés après la douche, s'installant à son bureau, une tasse de café à portée de main, et, toujours, de la musique. « Regarde par la fenêtre », m'avait-elle dit.

Et j'avais vu.

Le souffle coupé j'avais vu, la vallée glaciaire, le lac aux eaux noires dans son écrin de montagnes, le paysage lunaire traversé par des rivières de tourbe ambrée, le troupeau de moutons et, plus loin, les poneys paisibles dont les silhouettes se détachaient sur les nuages bas. J'avais vu le quotidien tranquille d'une existence dans cette nature là. J'avais vu la routine heureuse et le destin accompli.

Un bruit dans le jardin m'avait détourné de ma contemplation, « Les chiens » avait-elle dit, « Nous en avons trois, désormais. D'habitude, je l'accompagne lorsqu'il sort les promener, mais aujourd'hui je t'attendais. Viens, allons installer tes bagages dans la chambre ». Et je l'avais suivie.

Bravo à toutes les deux... Vos récits sont envoutants. J'ai voyagé, je me suis assise derrière vos bureaux, j'ai respiré les parfums, caressé les meubles et admiré les paysage.

Indisponible demain, voici mon récit.

J’ai écrit toute la nuit. Mon corps est las, lourd d’être resté sans bouger si longtemps. Je ne sais pas vraiment quelle heure il est, je vois juste la lumière du jour naissant se refléter sur la ligne d’horizon, là-bas sur l’océan.

J’entends au loin le bruit sourd d’un bateau de pêche comme un ronronnement. Il doit être 5h.

Je suis assise sur le bureau qui était celui de ma mère lorsqu’elle était étudiante. Mon grand-père était menuisier et le lui avait fabriqué puis offert lorsqu’elle est rentrée à la fac. Il n’est pas vraiment beau, il n’est pas confortable, il est rongé par les vers depuis bientôt cinquante ans, il sent le renfermé. Mais je ne pourrai me séparer de lui. Jamais.
Il était à elle et il me donne toute sa force. Il me transmet son sens du travail, son goût pour la découverte et la culture. Ce bureau est un passeur d’âme. Il y a un peu d’elle avec moi dans ce bureau comme si nos âmes pouvaient se retrouver là.

Je me lève avec lourdeur sans détacher mon regard du spectacle que m’offre l’océan qui s’éclaire petit à petit avec la lumière du jour.
Je sens le sel, le vent, le sable. Je ne pourrai plus me passer de cela je crois. J’en ai tellement rêvé pendant des années, de ces moments de solitude et d’inspiration. De cette vie d’écriture et d’invention. Un monde parallèle, un imaginaire éveillé.

La pièce n’est pas très grande. Les murs sont couverts de bibliothèques surchargées. Une vie de lecture et de passion. Des photos aussi, des souvenirs rapportés de voyage. Des objets à lui, que j’aime tant, mais si loin de moi aujourd’hui. Des cailloux ramassés par mes enfants quand ils étaient petits qui racontent chacun une histoire. Quelques dessins, des aquarelles que j’ai faites de Venise et Sienne qui me manquent. L’Italie est loin mais ici au Cap Ferret, je suis juste bien.
Je m’affale dans le petit canapé de velours bleu roi et me couvre du vieux plaid élimé qui me suis depuis des années. Je pousse légèrement du pied le chien qui a passé la nuit lové dans les coussins et qui ne bouge pas d’un poil, pas même pour me laisser un peu de place. En me sentent près de lui et sans ouvrir un œil, il se met sur le dos les quatre fers en l’air. Un grand soupir de bien être s’échappe.
On est bien là tous les deux. Dans une heure ou deux, nous irons marcher sur la plage. Ensuite nous rentrerons pour nous réchauffer, boire un café pour moi, dévorer une gamelle bien pleine pour lui.

Je ferme les yeux et me laisse à demi endormie, mes sens tout juste en éveil grâce au parfum des roses d’hiver, posées juste derrière moi sur la vieille table basse que j’aime tant. Louis, le vieux pêcheur, me les a offertes hier.

Raviver le feu de cheminée pour réchauffer la pièce puis me remettre au travail. Me lever pour chercher un livre, une phrase, un mot pour étoffer mon récit. M’assoir dans le fauteuil club à côté de la bibliothèque pour feuilleter le dictionnaire, oublier ce que je cherche pour me perdre parmi les illustrations du Larousse, celui de mes années collège, édité sous la direction de Christian Lacroix. Grâce à lui, les lettres sentent le sud, l’Espagne, l’Italie, Arles, Nîmes.
Puis je me remets à l’œuvre, un thè fumant à mes côtés. Marco Polo de Mariage Frères ou Lapsang Souchong de chez Damman.

Le chien s’est recouché dans le canapé. La marée monte et les vagues claquent à quelques mètres de moi.
Et j’écris.

Il est 6h lorsque l’avion se pose sur la piste de l’aéroport de Tahiti Faaa.
Ce voyage ; il était planifié c’est une évidence, mais je ne le savais pas. Ça fait partie des choses de la vie auxquelles on n'ose même pas penser, et puis un jour, elles se réalisent.
Depuis plus de 5 ans je rêve d’écrire un livre bien particulier. Hélas beaucoup de pages blanches se sont accumulées, année après année. Aucun résultat. Pourquoi ? Peut-être la grisaille de Paris, le bruit, mon état permanent de stress, ma déprime et les hivers froid et humide qui n’en finissent pas et entretiennent ma tristesse.
Il y a quelques semaines pour me remonter le moral, je me suis plongée dans mes photos de vacances au soleil. Et là, j’ai eu comme un déclic, une sorte de lumière intérieure… aussitôt mes pensées se sont précipitées et ont envahi mon esprit. Le Soleil, la mer… oui, elle était là ; la solution à mon inspiration.
Non je ne partirai pas en France, ni dans le sud ou l’ouest de l’Europe pour écrire ce livre dont je rêve. J’irai loin, beaucoup plus loin… adieu grisaille, froid et moral en berne… direction TAHITI !
J’avais rassemblé le strict nécessaire, c’est-à-dire le plus important. Mon ordinateur, mon calepin de notes, mon appareil photos et quelques vêtements adaptés sans oublier le maillot de bain et mes lunettes de soleil, pas grand-chose en fait.
Le vol Paris Papeete qui m’emmène vers ce lieu magique, me laisse le temps de penser intérieurement à ce livre. Je peux imaginer, pendant les 15 000 km et les presque 20h de vol tout ce que je n’arrivais pas à écrire il y a encore quelques semaines. Quel dommage d’avoir attendu aussi longtemps pour comprendre ce qui n’allait pas. La plume je l’avais déjà, mais il me manquait l’essentiel... les mots, les vrais !
6h, arrivée à Tahiti. A ma descente d’avion, je suis subjuguée par les lieux, une véritable vague de beauté que je prends agréablement en pleine figure ! Suis-je vraiment arrivée ? Suis-je dans ce coin de paradis, sur une île, juste pour moi, avec moi-même, pour réaliser mon rêve ; écrire ?
Il me reste à trouver un faré pour quelques mois, juste le temps d’écrire. Je sais précisément ce qu’il me faut une terrasse avec vue imprenable sur le lagon et ses eaux claires, pour voir nager quelques raies ou tortues. Il me faut également pouvoir admirer les nombreux palmiers de Makatea, un arbre pour moi signe de rêve et de paradis.
Oui vous l’avez compris, il me faut pouvoir écrire au plus proche de la nature, j’ai toujours eu besoin d'elle pour être inspirée, détendue, efficace, et bien avec moi-même. Tahiti est l’idéal et remplie toutes ces conditions.
Dès 6h je prends mon petit déjeuner. Ma recette matinale est simple, quelques fruits exotiques, deux pincées de paradis, cinq de soleil et dix de chaleur, c’est ma recette idéale pour écrire.
Je suis face au lagon d’une beauté dont je ne me lasse pas. Il faut que l’esprit puisse vagabonder aisément pour guider les idées jusqu’à la plume de l’écrivain ; et la beauté de l’environnement et les multiples parfums y sont propices. Voilà la différence avec Paris, il me faut de l’air, une brise permanente. Il me faut de la lumière, du calme, de la végétation. A Paris, j’étais comme une plante qui manque d’eau et d’oxygène et perd de sa vitalité jour après jour.
Déjà trois mois que je suis à Tahiti. Le temps s’écoule tel un sablier ; lentement mais si agréablement. Mes pages se remplissent, mon esprit galope. Je respire, je vis, je m’épanouis, les mots glissent sur ma plume pour se coucher sur le papier et me regardent, me parlent, eux aussi peuvent enfin s’exprimer.
Paris est bien loin, ce n’était pas un coin pour moi. Ici je suis dans un cocon de bien-être et de chaleur permanente. L’Eté toute l’année, que demander de plus !
Tahiti m’a appelé et je compte bien y rester. J’ai déjà rédigé 8 chapitres, il m’en reste encore quelques-uns… mon coin à moi, il est là, et ça j’en suis certaine !